” J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main, que ce même peuple avait taillé ses cathédrales.(…)
Ces ouvriers ne servaient pas. Ils travaillaient. Ils avaient un honneur, absolu, comme c’est le propre d’un honneur. Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyennant le salaire. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron ni pour les connaisseurs ni pour les clients du patron. Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être même. Une tradition, venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales.” Charles Péguy, L’Argent

Cette citation de Péguy s’applique parfaitement au magnifique travail de restauration et de création que Jean-Michel Perret et Camille Jonneau ont accompli dans le choeur de la Collégiale d’une part et dans la sacristie d’autre part…

 

Les stalles

C’est au cours de l’année 2013 que les ébénistes Camille Jonneau et Jean-Michel Perret ont magnifiquement œuvré pour restaurer et terminer les stalles du choeur de la Collégiale. Celles-ci sont maintenant parfaitement en place et tous les compléments ont été posés. A vous d’aller voir ce qui est du XIVème siècle pour le distinguer de ce qui est du XXIème  !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors, XIVème ou XXIème siècle ?

 

La sacristie

Après avoir restauré les stalles de la manière que nous connaissons, Jean-Michel et Camille créé et mené à bien la réalisation des meubles de la sacristie, éléments nécessaires à la vie liturgique. Ne manquez pas de visiter la sacristie !

Vous serez conduits à contempler le plancher réalisé dans l’esprit du XVIIème siècle. Les meubles le sont dans l’esprit du XVème siècle. Avec du chêne du pays, marqué par quelques défauts qui l’authentifient, vous serez émerveillés par l’assemblage des planches, la finition discrète des clous, les plis de serviettes sur les portes des meubles.

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur Olier, fondateur des séminaires en France après le concile de Trente, disait que la sacristie est comme le ciel où siège Dieu le Père. Et lorsque le prêtre quitte la sacristie, il vit symboliquement le mystère de l’incarnation, à savoir la venue du Verbe dans la chair pour sauver l’homme. C’est pourquoi il est convenable que ce lieu discret soit un conducteur à la prière par un bon rangement, une qualité du mobilier qui abrite ornements et vases sacrés. La sacristie est le lieu du départ de toutes les liturgies. Elle doit aider à la prière.

Le travail de Jean-Michel Perret et Camille Jonneau semble bien remplir cet office.

Mais quand ils auront fini de travailler pour l’église, qui aura l’audace de les faire travailler dans sa demeure ? Ne passez pas à côté de réalisations artisanales qui effleurent l’art.
Offrez à vos enfants nouvellement mariés un meuble contemporain signé.