Le mot du Curé

Saint Ambroise : ‘‘La faute m’a profité plus qu’elle ne m’a nui’’

La maxime de ce fameux père de l’Église fait écho au chant de l’Exultet que nous entendons avec enthousiasme lors de la vigile pascale : ‘Bienheureuse faute qui nous a valu un tel rédempteur’.

Dans notre société du rendement et de l’efficacité, il n’y a pas de place pour l’erreur et la faiblesse. Le monde de l’économie appelle la perfection. De là, la culture du rejet dont se lamente le Pape François.

On apprend à un cavalier qu’il doit accepter de tomber 7 fois 77 fois 7 fois avant de prétendre savoir monter à cheval. Il en va de même en toute chose de nos activités humaines. Acceptons nos erreurs, reconnaissons nos fautes afin d’acquérir un meilleur savoir-faire. C’est ainsi qu’on acquiert l’excellence dans l’exercice du métier d’homme !

Abbé Emeric

(juillet 2017)

Romains VIII, 28 : une référence biblique à connaître par cœur… et avec le cœur !

C’est une référence scripturaire que je cite souvent. Certains d’entre vous en font leur miel de manière édifiante. C’est : ‘‘Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour’’.

Une autre manière de le dire : ‘‘De tout mal, le Seigneur se sert pour un plus grand bien !’’ Nous pourrions aussi dire qu’il est bon pour nous d’avoir des projets. Les plus grands projets sont les plus légitimes. Mais l’expérience du spirituel, de l’homme qui veut être docile au gouvernement divin, enseigne que ces projets ne se réaliseront jamais. En effet, le Saint-Esprit nous trompe toujours ; c’est pour un mieux. Toujours, il nous coupe dans nos élans les plus généreux. Passés les terribles moments de profondes déceptions et de révoltes contre Dieu et contre les hommes, nous faisons tous l’expérience que c’était toujours pour un mieux ; et un mieux que nul pouvait imaginer.

Je vous invite tous à faire mémoire de telles expériences que vous auriez pu faire dans vos vies. Le devoir de mémoire accompli, racontez à vos enfants. C’est ainsi qu’ils sauront que la vie à l’école de l’Esprit-Saint est toujours féconde par surprise.

Un fournisseur m’a appris une savoureuse expression suisse : « être déçu en bien ». Il est clair que l’Esprit Saint nous déçoit très souvent en bien. Mais pour se faire il ne faut pas être « intégriste’. Vous connaissez l’expression de André Frossard : ‘‘L’intégriste, c’est celui qui fait toujours la volonté de Dieu, que Dieu le veuille ou qu’il ne le veuille pas…’’ Dans cette acception, l’intégriste c’est l’homme triste qui n’a jamais été déçu en bien, c’est celui qui n’a jamais buté sur la volonté décapante de Dieu. Balaam est un exemple suggestif de l’intégriste. Sa pauvre ânesse en a fait les frais (cf. Nb XXII).

Abbé Emeric

(juillet 2017)

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« On juge les autres d’après soi-même » !

Voilà une affirmation de la sagesse paysanne comme je les aime. Je tiens cette maxime de sagesse de la voisine du presbytère lorsque j’étais vicaire de La Réole à Lamothe Landerron. Ô combien de fois ai-je pu en vérifier la vérité ! Amusez-vous à cet exercice, vous ne serez pas déçu.

L’intérêt de ces mots consiste en ceci qu’ils nous remettent en place. Certes, lorsque des personnes nous disent des paroles pas aimables, nous notons bien volontiers que ces personnes nous jugent bel et bien d’après elles-mêmes. Mais nous faisons bien rarement le parallèle avec nos propres paroles lorsque nous osons en prononcer de peu amènes. Et pourtant cela demeure vrai : nous jugeons les autres d’après nous-mêmes.

Quelle humiliation !

Ce que la sagesse paysanne m’a appris est déjà enseigné par le grand saint Augustin, dans un sermon sur l’ancien testament :

« Mon crime, dit David, moi, je le connais. Si moi, je reconnais, c’est donc à toi de fermer les yeux. Ne prétendons aucunement que notre vie est vertueuse et que nous sommes sans péchés. Pour que notre vie mérite l’éloge, demandons pardon. Les hommes sans espérance, moins ils font attention à leurs propres péchés, plus ils sont curieux du péché d’autrui. Ils ne cherchent pas ce qu’ils vont corriger, mais ce qu’ils vont critiquer. Et puisqu’ils ne peuvent pas s’excuser, ils sont prêts à accuser les autres… » (Bréviaire, leçon du 14ème dimanche du temps ordinaire).

On m’a rapporté cette sentence de Mauriac que je cite approximativement : « C’est croire qu’on peut se laver avec de la boue que de vouloir excuser ses fautes en dénonçant celles d’autrui. »

En famille, dans nos villages, dans nos syndicats, en politique, dans les médias, ne manquons pas de nous rappeler la sagesse paysanne. Elle maintient dans l’humilité et par voie de conséquence, dans la paix.

Abbé Emeric

(avril 2017)

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Le Christ Roi, Le Prince de la Paix,

Avant d’entrer dans le temps de l’avent nous fêtons le Christ Roi de l’univers.

À Noël la liturgie nous conduit à contempler l’enfant Jésus dont le livre d’Isaïe nous dit que l’insigne du pouvoir est sur son épaule. Si c’est bien au roi qu’est remis l’insigne du pouvoir, comment ne pas penser à la croix qu’il portera sur cette épaule au jour de la Rédemption ?

Cet enfant que nous accueillons à Noël est aussi annoncé par le prophète Isaïe comme Prince de la Paix. A ce titre, Jésus va donc être le premier serviteur de la paix. Un serviteur doit acquérir le savoir-faire de son service. Quant aux princes de la terre, il est clair que l’exercice du pouvoir royal commence dès leur enfance. Ce qui n’est pas le cas des hommes d’autorité élus. C’est donc dès la crèche, que l’enfant Jésus va être éduqué à l’exercice de son pouvoir royal. Dès sa naissance, cet enfant-roi va apprendre le service par l’humilité.

Or la paix n’est-elle pas le but de toute éducation ? Jésus va donc apprendre à servir la paix dès la crèche : l’humilité de la paille mais aussi le drame de la fuite en Egypte. Bref, Jésus va apprendre à vivre la Croix tout au long de sa vie. La Croix qui est le moyen par lequel le Seigneur établit la paix en ce monde va donc lui être enseignée dès Bethléem. C’est par elle que Jésus sera maître en humilité. C’est par elle que nous pouvons accueillir la paix qu’il veut nous donner.

En ce temps de la Nativité, nous nous rappelons que nous sommes établis rois depuis notre baptême. En conséquence, nous devons à notre tour apprendre l’humilité pour exercer notre pouvoir royal, c'est à dire assumer notre part à l'unité du monde.

En ces veilles d'élection, prenons au sérieux notre vocation baptismale : régnons, soyons artisans d'unité et de paix.

Abbé Emeric

(décembre 2016)

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Chers Amis,

Vous connaissez mon intérêt pour la prédication sur les fins dernières. Il me semble que ce beau sermon apportera des éclairages précieux à beausoup d'entre vous. Remercions Pagnol pour son aide pastorale.

Sermon du curé de Cucugnan

Bonne écoute de cette méditation provençale. Et n'oubliez pas la neuvaine à l'Immaculée Conception. A cette occasion pensez à recevoir le sacrement de réconciliation (les confessions de début d'avent sont les bienvenues). Et le cas échéant, il serait bon que le plus grand nombre puisse assister à la messe le jeudi 8 décembre à 8h00 à la collégiale.

Bon avent.

Abbé Emeric

(novembre 2016)

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« Être apôtre, c’est être l’instrument de l’Esprit Saint.
Pour construire l’Église de Dieu, il faut être l’instrument de l’Esprit Saint et se livrer à lui. »

 Vénérable Père Marie Eugène de l’Enfant Jésus
Béatifié le 19 novembre prochain à Avignon

En ce temps de célébration du synode diocésain qui nous porte à être des disciples-missionnaires, il est bon de recevoir cet enseignement de sagesse du fondateur de l’institut Notre-Dame de Vie.

Depuis de nombreux mois, je nous rappelle à tous le préalable et le terme de notre vie de disciple du Christ Jésus : Nous devons être des contemplatifs. Cela n’est pas réservé aux moniales cloîtrées. En effet, au ciel, nous serons tous de parfaits contemplatifs. Nous recevrons en plein regard la splendeur de la beauté du mystère trinitaire. Or, il est clair que notre vie sur cette terre consiste à vivre un entrainement à la vie des bienheureux. Plus nous serons désireux de voir Dieu – cf. le ‘‘Je veux voir Dieu’’ de Sainte Thérèse d’Avila à l’âge de cinq ans – plus alors notre vie sera informée par la charité et pour la charité.

L’Esprit Saint est l’amour du Père pour le Fils ; il est aussi la réponse d’amour du Fils faite au Père. C’est à lui que le Père et le Fils donne mission d’accompagner l’Église jusqu’à la claire vision de sa splendeur. Demandons-lui de gouverner nos vies. Que chacun ait le désir ardent d’être mû par l’Esprit Saint.

Et puisque nous sommes dans le mois des missions, prions pour tous les agents missionnaires de l’Église, singulièrement ceux qui sont envoyés dans des terres périphériques.

Viens Esprit Saint ! Viens en nos cœurs !

(octobre 2016)

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Les "5 essentiels"

Revenons sur l’expérience de quelques paroissiens à Toulouse, lors de la clôture de la session Talenthéo qu’une centaine de prêtres ont suivie tout au long de l’année.

Cette formation invite à devenir toujours davantage des disciples-missionnaires. L’expression nous est désormais connue. Mais il ne suffit pas de l’écrire ou de la lire : il faut la vivre. A cette fin, en nous appuyant sur l’enseignement de la Parole de Dieu et l’expérience de communautés particulièrement ‘disciples-missionnaires’, nous pouvons noter et répéter les « cinq essentiels » de notre vie chrétienne à mettre en œuvre :

Adoration : Prière
Belle communauté : vie fraternelle
Charité : être serviteur
Devenir disciple : se former
Evangéliser : parler naturellement de Jésus et de son Eglise

Nous sommes invités à faire un examen de conscience nouveau. Il peut être intéressant de lire sa vie à l’aune de ces cinq essentiels : Suis-je un priant ? Un frère ? Un serviteur ? Un disciple ? Un apôtre ?

Il ne suffit plus de convertir sa vie de foi. Il faut aussi convertir sa vie de disciple-missionnaire. C’est une nécessité dont nous ne pouvons pas faire l’économie. Priez donc pour que votre pasteur accepte lui-même de convertir généreusement sa pastorale.

(juin 2016)

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L’année de la Miséricorde est lancée.
Vivons-la !

Le cardinal Kasper, souvent cité par le Pape François depuis son premier angélus, tient de belles paroles sur la miséricorde : « Pratiquer une miséricorde sans vérité manquerait d’honnêteté ; cela n’apporterait qu’une piètre consolation et ne serait finalement qu’un vain bavardage. » Il reprend l’enseignement de saint Thomas d’Aquin : « La justice sans miséricorde n’est que cruauté, la miséricorde sans justice est mère de la débauche. »

Pour vivre l’année de la miséricorde, pour être témoin de l’amour de Dieu, mettons la charité en acte, la seule qui soit vraie. A cette fin, le catéchisme de l’Eglise catholique nous enseigne ce que sont les quatorze œuvres de miséricorde. Pour que nul ne les ignore plus, les voici :

Les sept œuvres de miséricorde corporelle :

1. Donner à manger à ceux qui ont faim. 2. Donner à boire à ceux qui ont soif. 3. Vêtir ceux qui sont nus. 4. Loger les pèlerins. 5. Visiter les malades. 6. Visiter les prisonniers. 7. Ensevelir les morts.

Les sept œuvres de miséricorde spirituelle :

1. Conseiller ceux qui doutent. 2. Enseigner ceux qui sont ignorants. 3. Réprimander les pécheurs. 4. Consoler les affligés. 5. Pardonner les offenses. 6. Supporter patiemment les personnes importunes. 7. Prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Je rappelle à tous les paroissiens que je réserve généralement un après-midi par semaine pour visiter les paroissiens âgés ou malades. N’hésitez pas à faire signe à l’équipe du service évangélique des malades. Vous m’aiderez ainsi à bien vivre cette année jubilaire en vous servant.

CEC 2447 Les œuvres de miséricorde sont les actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses nécessités corporelles et spirituelles (cf. Is 58, 6-7 ; He 13, 3). Instruire, conseiller, consoler, conforter sont des œuvres de miséricorde spirituelle, comme pardonner et supporter avec patience. Les œuvres de miséricorde corporelle consistent notamment à nourrir les affamés, loger les sans-logis, vêtir les déguenillés, visiter les malades et les prisonniers, ensevelir les morts (cf. Mt 25, 31-46). Parmi ces gestes, l’aumône faite aux pauvres (cf. Tb 4, 5-11 ; Si 17, 22) est un des principaux témoignages de la charité fraternelle : elle est aussi une pratique de justice qui plaît à Dieu (cf. Mt 6, 2-4) :
Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a à manger fasse de même (Lc 3, 11). Donnez plutôt en aumône tout ce que vous avez, et tout sera pur pour vous (Lc 11, 41). Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise : " Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous ", sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? (Jc 2, 15-16 ; cf. 1 Jn 3, 17).

(mars 2016)

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Drame de Puisseguin

« Près de la croix de Jésus se tenait sa mère » Jean XIX, 25
Le prêtre n’est pas en mesure de vous expliquer pourquoi la croix. Lui-même ne comprend pas le mystère du mal. Mais il peut répéter ce que Dieu nous révèle par sa parole :
« L’amour est plus fort que la mort » Ct VIII, 6
« Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » Rom VIII, 28

Comme vous, comme nous, il est une femme qui a connu l’absurdité et la violence de la mort : Marie. C’est en la contemplant que je vous propose des pistes d’espérance. Regarder Marie ne répondra pas à la question : Pourquoi cette épreuve nous atteint-elle aujourd’hui ? Toutefois, trois de ses attitudes pourront nous aider à avancer dans l’espérance : Fiat ! Magnificat ! Stabat !

Il nous faut l’humilité d’accepter de poser la question du pourquoi sans chercher à recevoir de réponse. Vouloir une réponse pourrait conduire à dénoncer un coupable. Il y a bien sûr des causes à cette tragédie. Quand nous les aurons trouvées, faisons nôtre cette parole évangélique : « Que celui qui n’a jamais péché (jamais commis d’erreur) lui jette la première pierre » Jean VIII, 7. A cette citation, j’en ajoute une autre que je dois à un confrère auquel j’avais des raisons de demander pardon ; il me cita ce verset en ajoutant « … et que celui qui n’a jamais recommencé te jette la seconde ! » L’humilité est la seule arme devant le mal.

Ainsi, Marie nous montre l’exemple de trois attitudes simples dans l’évangile :

* Fiat !            A l’annonciation, Marie accepte la volonté de Dieu, sans même tout comprendre…

* Magnificat !            Dès la visitation, Marie remercie Dieu…

* Stabat !                    A la croix, Marie demeure debout dans le silence…

Pour nous, cet exemple marial va nous aider :

* Accepter : c’est dur, voire impossible ; mais pouvons-nous refuser la réalité quelque violente qu’elle peut être ?

* Remercier : oui, la gratitude nous aide à transcender. La gratitude nous aidera à ne pas nous laisser enfermer par l’absurde. Nous avons tant de personnes à remercier : sapeurs pompiers, gendarmes (quand nous avons nos heures d’adoration nocturnes, ceux-là sont de garde sur les lieux d’accident, sur les routes), préfecture et services de l’Etat, mairies, médecins et infirmiers, bénévoles et amis, même les journalistes (ils ont été les instruments de la bonne circulation de l’information ; les services de secours m’ont dit que cela leur avait été précieux pour les premières heures d’intervention). Ceux-là, d’ailleurs, ont été impressionnés par votre sagesse paysanne. En effet, ces jeunes sont plutôt originaires des zones urbaines. Ils ont été frappés de constater à quel point, dans notre campagne, les liens sont forts entre nous. Vous leur avez fait faire une expérience inédite de ce que peut être la cohésion sociale. Ajoutons aussi le président de la République. Sa visite nous a fait du bien comme elle a fait du bien à nos amis hospitalisés. L’humilité pour remercier, pour reconnaître l’aide si précieuse que nous recevons de la part de tant de proches. Remercions donc…

* Alors nous pourrons nous tenir debout

En ces heures de prière dans les larmes, regardons Marie. Avec elle, tentons d’accepter ; mettons tout en œuvre pour remercier ; alors nous tiendrons. Car désormais, il faut aussi apporter à nos enfants des raisons de vivre… « Car l’amour est plus fort que la mort ! Et heureusement, ajoutait un vieux prêtre ami, sans quoi on est fichu ! »

Fiat ! Magnificat ! Stabat !

Abbé Emeric+
Homélie de la Messe pour les victimes de l’accident de Puisseguin du 23 octobre 2015 et leurs familles et de la Messe pour les secouristes 26 et 29 octobre 2015 à Puisseguin et Lussac

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Prions pour les défunts de nos familles !

A quelques semaines de la solennité de la Toussaint, reconsidérons une fois encore l’importance capitale de la prière pour les morts.

On veut garder le souvenir des ‘‘disparus’’, de ceux qui nous ont ‘‘quittés’’ ; mais nous ne pensons pas à prier pour nos amis morts.

Notre époque veut être celle du souvenir. On revendique cette notion en maintes circonstances. Est-ce une attitude d’amour ? Pas trop, sans doute.

En effet, on voudrait que l’homme n’oublie jamais les désastres de l’histoire afin qu’ils ne se reproduisent plus. Dans le même temps on ne cesse de chérir dans le présent les causes qui ont conduit à ces désastres. On parle du souvenir tout en évitant soigneusement de cultiver la mémoire des faits. Je serais tenté de dire que le souvenir porte sur l’émotion suscitée par les événements a posteriori. Cette culture du souvenir fait l’économie de l’effort dû à l’entretien d’une mémoire.

Ainsi, face à la mort, on voudrait conserver le souvenir des parents et amis qui ‘‘nous ont quittés’’ en évitant de parler de leur mort. L’avantage consisterait d’une part à considérer leur ‘‘départ’’ comme contingent, d’autre part à éviter de considérer la proximité de notre propre ‘‘départ’’. Alors que l’évocation de la mémoire oblige à porter une attention à l’histoire des nos parents et amis avec ses conséquences : les ombres et les lumières de leur vie passée autant que leur présent dans l’éternité.

Prier pour les défunts, c’est accepter de porter un regard d’humilité sur l’homme. Ici, l’humilité consiste à accepter la splendeur de l’éternité. L’éternité ! En parlons-nous entre amis ? Entretenons-nous une conscience vive de cet état dans lequel nous serons tous établis après notre propre mort ?

L’éternité - s’il faut en parler de manière moderne et accessible - disons que c’est le moment du repos parfait. L’éternité, ce sera les ‘‘vacances éternelles’’ ! Nous demeurerons entre amis sans plus connaître de séparation.

De même que personne ne peut réussir ses vacances annuelles sans passer quelques heures à les préparer en amont, de même, personne ne peut réussir ses ‘‘vacances éternelles’’ (la vision béatifique) sans leur consacrer quelques instants de préparation. Prier pour les défunts, c’est en quelque sorte intercéder pour eux afin de les aider à achever leur préparation en vue de leur entrée dans la gloire.

Afin de prendre la mesure de notre responsabilité à l’égard des ‘‘vacances éternelles’’ des nôtres mettons-nous à l’école des saints…

Abbé Emeric +, octobre 2015

L'évangile du jour

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Le pape François

Pontifex_fr Merci à ceux qui, à bien des égards et des formes, ont accompagné mon pèlerinage au Chili et au Pérou spécialement par la prière.
Pontifex_fr Aujourd'hui, le Seigneur t’appelle pour parcourir avec lui la ville, ta ville. Il t’appelle à être son disciple missionnaire.
Pontifex_fr Ne perds pas de temps à masquer ton cœur, remplis ta vie de l'Esprit-Saint!
Pontifex_fr Il n'y a pas de meilleur remède pour soigner tant de blessures qu'un cœur capable de miséricorde.